Chaque année, le mois de juin est consacré à la sensibilisation au cancer du col de l’utérus. Avec Juin Vert, l’objectif est simple : rappeler l’importance de la prévention, du dépistage et du suivi régulier. En France, plus de 3 100 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués chaque année, alors que 9 cas sur 10 pourraient être évités grâce à la vaccination et au dépistage systématique.
Le cancer du col de l’utérus fait partie des cancers que l’on peut mieux prévenir grâce à deux leviers essentiels : la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) et le dépistage. Ces gestes permettent de repérer plus tôt d’éventuelles anomalies et d’agir avant qu’elles n’évoluent.
Mais pour que la prévention soit réellement efficace, encore faut-il qu’elle soit accessible. Pouvoir obtenir une information claire, consulter un professionnel de santé, être orientée au bon moment ou bénéficier d’un suivi adapté sont des étapes importantes dans le parcours de soins.
Quelques chiffres clés en Martinique
• La Martinique est particulièrement touchée par certains cancers, dont le cancer du col de l’utérus, avec une incidence plus élevée que dans l’Hexagone selon l’ARS et les données de santé publique sur les Antilles.
• Moins de 4 femmes sur 10 participent au dépistage du cancer du col de l’utérus, ce qui place la Martinique parmi les territoires où la participation est la plus faible, à 45% ou moins pour la population cible, alors que la moyenne nationale est autour de 56% en 2023.
• À l’échelle nationale, le dépistage est recommandé de 25 à 65 ans, avec un test à réaliser tous les 3 ans après deux examens normaux, ou un test HPV tous les 5 ans à partir de 30 ans.
Vaccination HPV : des progrès, mais un long chemin
En Martinique, des campagnes spécifiques ont été mises en place pour faciliter la vaccination des jeunes contre les HPV, notamment par la vaccination gratuite proposée aux collégiens de 5e dans les établissements publics et privés depuis octobre 2023, en partenariat entre l’ARS, l’Académie de Martinique et les centres de vaccination.
Les dernières données indiquent qu’en 2025, seulement 19,5% des jeunes filles et 8,8% des jeunes garçons disposent d’un schéma vaccinal complet contre les HPV, même si ces taux progressent par rapport à 2024. Ces niveaux restent cependant très éloignés de l’objectif de 80% de couverture vaccinale d’ici 2030 fixé par la stratégie décennale de lutte contre les cancers.
Prévention et dépistage : un enjeu d’égalité d’accès aux soins
En Martinique, comme ailleurs, les professionnels de santé jouent un rôle central dans cette prévention. Médecins, sages-femmes, gynécologues, infirmiers, pharmaciens et acteurs de santé publique contribuent chaque jour à informer, accompagner et rassurer les patientes, notamment dans un contexte où la participation au dépistage reste en dessous des objectifs nationaux.
Améliorer le recours au dépistage et à la vaccination, c’est aussi agir sur les inégalités de santé : les données montrent que les taux de participation les plus faibles concernent justement des territoires comme la Martinique, ce qui renforce la nécessité d’actions de proximité, adaptées au contexte local.
La contribution de la Conciergerie Rimèd
C’est aussi dans cette logique que s’inscrit la mission de la Conciergerie Rimèd. En facilitant l’installation et l’accompagnement des professionnels de santé en Martinique, Rimèd contribue, à son échelle, à renforcer l’accès aux soins sur le territoire et à soutenir les actions de prévention, notamment dans les zones où l’offre médicale est plus fragile.
Depuis son lancement, la Conciergerie Rimèd a accompagné plus de 270 professionnels de santé, dont une majorité de médecins spécialistes, renforçant ainsi les capacités de prise en charge et de suivi dans les établissements de santé de l’île. En améliorant l’accueil et l’intégration des soignants, elle participe à rendre la prévention plus concrète pour les patientes : un rendez-vous plus facilement disponible, un suivi régulier, une orientation facilitée vers les campagnes de dépistage ou les centres de vaccination.
Un message clé : information, présence, proximité
Juin Vert nous rappelle donc une chose essentielle : la prévention commence par l’information, mais elle repose aussi sur la présence de professionnels disponibles, installés et proches des besoins de la population. En Martinique, augmenter la participation au dépistage et la couverture vaccinale, c’est agir concrètement pour faire reculer le cancer du col de l’utérus et améliorer la survie des femmes, dans un territoire où la charge de certains cancers reste plus élevée qu’en Hexagone.





